Saint Bernardin de Sienne

Publié le par Marina BRISIGOTTI

Saint Bernardin de Sienne

Pour compléter mon article sur la Chapelle Saint Bernardin d'Antibes, je vous livre le fruit de mes recherches historiques faites à l'occasion de la rédaction d'une brochure distribuée par le biais de l'Association des "Amis de la Chapelle St Bernardin", dont je fais partie.

Un peu d'histoire

Qui était Saint Bernardin de Sienne ?

Bernardin ALBIZESCHI est né en ITALIE, à Massa Marittima (TOSCANE), le 8 septembre 1380. Il meurt le 20 mai 1444 dans les Abruzzes, à Aquila.

Né d'une famille noble et illustre de la ville de Massa non loin de Sienne, fils du podestat (premier magistrat), Bernardin devient orphelin à l'âge de six ans.

Il est élevé à Sienne par son oncle et sa tante. En grandissant, il se révèle très doué pour les études littéraires et ecclésiastiques, mais également très pieux, partagé entre solitude mystique et actions caritatives.

En 1400, la peste ravage la ville de Sienne. Bernardin se consacre alors au service des malades qu'il soigne, bravant la mort, avec un dévouement et une douceur exemplaires.

En 1402, il entre chez les Franciscains de Sienne (ordre des Frères Mineurs[1] qu'il réformera par la suite, selon l'observance, soutenu par le Pape Eugène IV), devient vicaire en 1404 puis prédicateur. Il parcourt ainsi toute l'Italie prêchant sur les places publiques, de l'Italie du Nord jusqu'au Royaume de Naples.

Son caractère est vif. Sa pureté est si grande que les écarts de langage et de comportement, trop libres ou indécents, le font réagir de manière virulente. Pour lui les mœurs, le respect et le mystique ne font qu'un.

Il guérit les malades, soigne toutes les infirmités humaines et remet dans le droit chemin ceux qui s'en écartent.

Son talent d'orateur en fait le plus grand prédicateur de son temps. Des milliers de personnes s'amassent en foule pour l'entendre ; son discours est concret, direct, original, imagé tel des contes, et orienté vers la primauté absolue du Christ.

Ses sermons sont à la portée du peuple. Chacun peut y reconnaître ses besoins, ses aspirations, ses devoirs et ses fautes.

Il arbore sur une tablette de bois le monogramme de Jésus qu'il dessine en lettres d'or dans un soleil symbolique : IHS (Jésus Sauveur des Hommes)[2].

Ses prédications au saint Nom de Jésus sont si ardentes qu'elles provoquent des polémiques et Bernardin se fait inévitablement des ennemis, qui l'accusent de déviation doctrinale.

Trois évêchés lui sont d'ailleurs proposés, qu'il refuse l'un après l'autre, préférant poursuivre ses prédications :

- Sienne : proposé par le pape Martin V, en reconnaissance de son innocence, à la suite d'une dénonciation comme hérétique ;

- Ferrare ;

- puis Urbino.

Ces trois évêchés refusés se symboliseront sur les futures représentations illustrées et sculptées de Saint Bernardin (en habit franciscain et portant le sigle IHS), par trois mitres déposées à ses pieds.

Pendant 40 ans, Bernardin prêche dans un langage populaire et en latin. Ses homélies tendent à réformer les consciences sur tous les domaines (religieux, moral, civil, politique).

Il cherche à réunifier spirituellement son pays - en pleine Renaissance - qui traverse une période troublée, de déstabilisation conflictuelle de tous ordres (religieux[3], territorial, politique).

Bernardin participe au Concile de Ferrare-Florence (1438-1439) au cours duquel un décret d'union est signé entre l'Eglise latine "catholique" et l'Eglise grecque "orthodoxe" pour le rapprochement des chrétiens séparés[4].

Après avoir été grand prédicateur populaire, Conseiller d'affaires, Vicaire général de l'Observance, participé à la réforme de l'administration Toscane, vers la fin de sa vie, Bernardin se retire pour rédiger quelques traités moraux et écrire ses sermons.

Ses œuvres spirituelles seront publiées à partir de 1501 à Lyon, puis à Paris en 1536 et enfin à Venise en 1745.

Plusieurs miracles lui seront attribués (apparitions, guérisons…). Il fut canonisé le 24 mai 1450 par le pape Nicolas V.

Partagé entre mysticisme et action, Saint Bernardin de Sienne, grand prédicateur du XVe siècle, symbolise à tout jamais la réforme des mœurs et l'humanisme chrétien.

Notes :

[1] Franciscains ou Frères Mineurs : fondés en 1209 par Saint François d'Assise (appelés en France "Cordeliers" jusqu'en 1792 - en raison de la corde qu'ils portent nouée en ceinture) - Prédicateurs populaires également orientés vers les études supérieures.

[2] L'interprétation donnée à ces trois lettres est soit celle du début du nom de "Jésus" en grec ΙΗΣ, soit "lesus Hominum Salvator" c'est-à-dire "Jésus, Sauveur des Hommes" en latin.

[3] Grand Schisme d'Occident (1378-1417) : scission dans l'Eglise catholique.

[4] L'Eglise d'Occident continuera le Concile jusqu'en 1445 afin de s'unir avec celles d'Orient, mais sans succès, en raison de la domination turque.

Saint Bernardin de Sienne

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